Professionnaliser le tutorat
La loi 2009 sur l’emploi des seniors oblige les entreprises de plus de 50 salariés à mettre en place un plan d’action senior, sauf à payer une amende égale à 1% de la masse salariale.  Les entreprises de plus de 300 salariés doivent négocier ce plan avec les partenaires sociaux. Chaque entreprise devra y intégrer au moins 3 domaines d’action choisis dans une liste imposée de 6 domaines. Parmi ces 6 domaines : « la transmission des savoirs et des compétences et développement du tutorat ».
Qu’est-ce qu’un tuteur ?
Cependant la loi ne donne aucune définition du terme « tutorat ».  Pour les dictionnaires, il s’agit de la « fonction
du tuteur », lui-même « en charge de la tutelle » ou encore de l’aide ou de la protection d’un mineur. Le champ est donc libre à la diversité des définitions.
La plupart des auteurs sont d’accord sur le fait que le tuteur n’est pas un enseignant chargé de transmettre des savoirs théoriques ou des recettes. En revanche, le désaccord est profond sur la façon de nommer les trois rôles suivants :
- transmettre des savoir-faire en faisant pratiquer par l’apprenti  les activités dont il doit acquérir la maîtrise et en accompagnant cette pratique,
- conseiller et faire acquérir des réflexes de savoir-vivre dans un environnement professionnel donné,
- piloter le processus d’apprentissage,  id est  comparer ce qui a été acquis à l’ensemble des connaissances  qui restent à acquérir et mettre en œuvre les moyens de les acquérir dans le délai prévu.
Nous pensons que, au sein  de l’entreprise, la première fonction revient au responsable hiérarchique ou, dans un contexte de projets, au chef de projet.  Les deux autres fonctions reviennent au tuteur qui peut parfaitement  n’être ni le responsable hiérarchique ni le chef de projet, trop sollicités par l’aspect opérationnel de leurs missions.
Conseiller et faire acquérir des réflexes de savoir-vivre est à la portée d’une personne expérimentée qui a réussi à se créer un « réseau » au sein de l’entreprise. Cela se fait dans le cadre d’ échanges entre tuteur et « tutoré » sur
le vécu de ce dernier. Mais piloter le processus d’apprentissage nécessite de la rigueur et des outils.
Comment piloter le processus d’apprentissage ?
Tout d’abord, le tuteur (et le « tutoré ») doivent disposer d’une liste aussi complète que possible des éléments de connaissance (savoirs, savoir-faire et savoir-vivre) nécessaires à la maîtrise des activités dans lesquelles le « tutoré » doit devenir autonome. Cette liste, organisée par activités, par thèmes ou objets intervenant dans les activités, et par types de connaissances, constitue ce qu’on appelle une « cartographie des connaissances ».
Ensuite, le tuteur doit disposer des moyens d’ évaluer, avec le « tutoré » et avec son ou ses maîtres d’apprentissage (hiérarchie, chef de projet ou autre), les éléments de connaissances déjà acquis. Parmi ces moyens peuvent figurer des
questionnaires de contrôle ou « quiz », mais aussi tout simplement l’énoncé par l’intéressé des difficultés qu’il a rencontrées dans telle ou telle situation de travail.
Enfin, il doit disposer d’un ensemble de moyens pré-définis pour accomplir réaliser un parcours adapté au profil du « tutoré ».
Le tuteur doit considérer le cheminement de chaque « tutoré » comme un projet avec objectifs et échéances à tenir. Le plus souvent la cartographie, la définition de parcours-type, les « quiz », figureront dans une base de connaissances que le tuteur devra apprendre à utiliser.
Alors le tutorat sera vraiment efficace, « professionnel ».
Liens : http://lagenerationy.com/2010/03/31/formation_management_intergenerationnel/Â , http://centremagellan.univ-lyon3.fr/fr/articles/294_613.pdf









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